Making-of de l’enquête « Bordeaux : des voitures à 6 millions d’euros »

L’enquête

http://2016.datajournalismelab.fr/bordeaux-des-voitures-a-6-millions-deuros

Idée de départ

Démystifier le stationnement payant dans les rues bordelaises en réalisant un vrai-faux. Un moyen d’analyser la politique d’Alain Juppé en la matière. Le sujet a été choisi car cela touche tout le monde, c’est un problème quotidien et pourtant il n’existait pas d’enquêtes chiffrées et lisibles à Bordeaux.

Recherche de documentation

Nous nous sommes servis d’Europresse pour agréger des articles sur l’évolution du stationnement payant à Bordeaux. Cela nous a permis de mieux comprendre sur la durée la politique publique d’Alain Juppé.

Sources

-“Place au stationnement”, SudOuest par Benoît Lasserre, le 25 juin 1996.

-“Des remèdes contre l’asphyxie”, SudOuest, Jean-Denis Renard, le 5 avril 1996

-“Réseau de stationnement : La CUB veut du concret”, SudOuest, Benoît Lasserre, le 31 mai 2002.

-“Tableaux pas si noirs”, SudOuest, Benoît Lasserre, le 19 septembre 2003.

-“La fin du tout auto dépeuple les parkings”, SudOuest, Xavier Sota, le 8 août 2009.

-« Des horodateurs pas si gourmands”, SudOuest, Bruno Béziat, le 19 mars 2011.

-“Stationnement payant : La totale”, SudOuest, Isabelle Castera, le 24 septembre 2012.

-“Des riverains sondés sur le stationnement”, SudOuest, Dominique Manenc, le 26 juin 2013.

-“Se garer en ville, une question de campagne”, SudOuest, Hervé Mathurin, le 11 janvier 2014.

-“Bordeaux : Les grandes dates du recul de l’automobile”, SudOuest.fr, Olivier Pech, le 27 janvier 2015.

-“Bordeaux Métropole : le stationnement payant guetté au tournant”, Rue89, Simon Barthélémy, 25 mars 2016.

Premier constat 

Depuis l’arrivée d’Alain Juppé à la mairie en 1995, sa politique en matière de stationnement payant n’a pas changé. Au fil de ses mandats, il a élargi les zones de stationnement payant en ville. Une politique inchangée et toujours appliquée scrupuleusement qui fait débat auprès des riverains. Ce sujet était donc idéal pour faire le point sur le stationnement payant en ville.

Recherche de données

Au départ de notre enquête, nous disposions d’un jeu de données accessible sur le portail open data de la Ville de Bordeaux : »voies en stationnement payant« . Mais il ne nous a servi à rien, car ce jeu de données s’est avéré incomplet et non mis à jour, donc dépassé. Par ailleurs, nous avions au départ l’intention d’étudier l’extension des zones payantes, ce qui n’a pas été possible finalement du fait de l’absence de données complémentaires et pertinentes accessibles sur ce sujet.

Comme recommandé, un mois avant le début de la session nous avons fait des demandes de données au service informatique de la métropole, à la police, à la mairie et auprès de Urbis Park. Nous avons également regardé ce qui était disponible sur les sites OpenData de la ville et de la métropole. Nous avons trouvé les données budgétaires de la Ville (budget primitif) où apparaissent les recettes et dépenses en matière de stationnement de 2002 à 2015.

Nous nous sommes rendus aux archives Bordeaux Métropole pour consulter les registres des comptes publics de Bordeaux depuis 1995. Mais nous n’avons pas pu trouver les données recherchées (celles relatives au stationnement) par manque de détail dans les données budgétaires .

Nous avons relancé tous les interlocuteurs sans relâche pour qu’on nous dise, finalement, que c’est bien la Mairie qui détient les données recherchées. Ce n’est que lors de l’interview de Nicolas Andreotti (directeur de la Police municipale) et Jean-Louis David (adjoint au maire en charge de la vie urbaine) que nous avons pu obtenir quelques chiffres sur le stationnement payant.

Au final, nous n’avons pas pu accéder à des données brutes et détaillées présentées au format tableur, comme nous l’avions demandé. Une partie des données nous a été communiquée à l’oral et sans communiqué ou trace écrite.

Interview

Après maints échanges téléphoniques avec le service de communication de la Ville et la Direction générale de la vie urbaine, nous avons finalement obtenu un rendez-vous avec Jean-Louis David, adjoint au maire en charge de la vie urbaine. On pensait qu’il nous recevrait seul, mais, à notre surprise, il nous a reçu accompagné de Nicolas Andreotti, chef de la Police municipale, et d’un assistant. Le rendez-vous était un peu tendu, car c’est un sujet sensible et politique. Ils nous l’ont eux-même confié.

Après l’interview avec Jean-Louis David, qui a duré une heure, nous nous sommes entretenus avec Nicolas Andreotti, le chef de la Police municipale. Il nous a communiqué les données oralement et nous a parlé de la politique de stationnement et de son évolution, depuis son arrivée au poste, en 2012.

En dernière minute, nous avons pu rencontrer Matthieu Rouveyre, élu d’opposition PS à la Ville. Il nous a délivré les chiffres que nous avions eu tant de mal à nous procurer. Cela nous a permis d’équilibrer notre enquête et nos sources, avec un avis qui diverge de celui de la majorité.

Principales difficultés rencontrées

Trouver des données auprès d’interlocuteurs publics. Accéder à ces informations, qui sont des données publiques, pour pouvoir les décrypter et les utiliser. Ces acteurs n’ont pas encore l’habitude d’être sollicités parce que l’Open Data est relativement nouveau. Leur réticence vient du fait que certains agents publics méconnaissent les enjeux de la donnée, ou ne voient pas son utilité.

Terrain

Dans le but de récolter des avis et du verbatim pour mettre de la vie et illustrer notre enquête, nous nous sommes rendus sur le terrain où nous avons rencontré différentes personnes. Puisque la ville est découpée en 25 zones de stationnement, nous sommes allés au niveau de la zone 5, récemment passée sous stationnement payant, entre la rue Fondaudège et le jardin public. Un quartier vu comme résidentiel et huppé.

Nous avons rencontré des riverains afin de prendre la température sur l’atmosphère dans le quartier depuis l’arrivée du stationnement payant. Le but est de voir comment la politique de stationnement a influencé sa manière d’appréhender son véhicule. Nous avons également discuté avec des commerçants dont un garagiste qui voit son activité menacée par la politique du maire de faire fuir les véhicules du centre ville.

Le lendemain, nous avons essayé de trouver des agents A.S.V.P. pour qu’ils puissent nous parler de leur métier puisqu’ils sont les préposés au contrôle des véhicules garés dans la ville. On leur a aussi demandé des informations concernant l’organisation de leur métier, le nombre d’agents et le nombre d’infractions qu’ils peuvent donner par jour.


Stationnement payant à Bordeaux, l'enquête        

Cécile Bonté-Baratciart                 Gérémy Charrier                         Audrey Dumain                           Maider Gérard